Regarder le plafond alors que les heures défilent, compter les cycles restants avant que le réveil ne sonne, ou se réveiller à 3 heures du matin avec le cerveau qui tourne à plein régime comme un moteur de Formule 1 au point mort… Cette réalité, des millions de Français la vivent chaque nuit. Pourtant, le sommeil n’est pas un interrupteur que l’on bascule par simple volonté. C’est un processus biologique complexe, une danse neurologique qui, lorsqu’elle se dérègle, impacte notre mémoire, notre humeur et notre santé physique. Comprendre pourquoi votre cerveau refuse de “débrancher” est la première étape pour retrouver des nuits sereines.

Pourquoi votre cerveau reste-t-il en mode “sentinelle” ?

L’insomnie n’est souvent que la partie émergée de l’iceberg. D’un point de vue neuropsychologique, beaucoup de patients souffrent d’un état d’hypervigilance. C’est comme si votre système nerveux autonome restait bloqué sur le mode “survie”, scrutant le moindre bruit ou la moindre pensée comme une menace potentielle. Ce mécanisme, hérité de nos ancêtres qui devaient surveiller le feu de camp, devient pathologique quand il s’installe durablement.

Le thalamus, véritable tour de contrôle sensorielle, filtre normalement les informations pour nous permettre de rester endormi. En cas d’anxiété chronique, ce filtre devient poreux. L’hypnose intervient ici comme un régulateur thermique : elle permet de rééduquer le système nerveux en abaissant le seuil d’alerte des amygdales cérébrales. Contrairement aux idées reçues, on ne “dort” pas en hypnose, mais on accède à un état de plasticité cérébrale où l’on peut suggérer au cerveau de lâcher la garde. Selon les travaux de l’INSERM sur le sommeil, la qualité de notre architecture de sommeil est bien plus cruciale que le nombre d’heures passées au lit.

Voir un précédent article sur l’action de l’hypnose sur le système nerveux.

Le piège des somnifères : une amnésie de la récupération

Face à l’épuisement, la tentation de la béquille chimique est forte. Si les benzodiazépines ou les hypnotiques peuvent aider ponctuellement, leur usage prolongé modifie radicalement la structure de vos nuits. Ces molécules ont tendance à écraser le sommeil paradoxal (celui des rêves) et le sommeil profond (celui de la récupération physique et du nettoyage métabolique). Résultat : vous “dormez”, mais vous ne récupérez pas.

Sur le plan cognitif, l’impact est notable. Le cerveau profite de la nuit pour consolider les apprentissages et trier les souvenirs dans l’hippocampe. Sous traitement chimique lourd, ce processus de mémorisation est entravé, créant ce brouillard mental si caractéristique au réveil. De plus, l’effet de rebond à l’arrêt du traitement peut déclencher des insomnies encore plus sévères. L’approche en hypnothérapie vise à restaurer la production naturelle de GABA et de mélatonine, sans les effets secondaires sur la vigilance diurne. Il s’agit de redonner au corps sa capacité d’autonomie plutôt que de le placer sous anesthésie artificielle.

Voir un précédent article sur le sevrage des médicaments pour dormir (benzodiazépines) et les recommandations de l’ANSM.

Parasomnies, fausses insomnies et apnées : faire le tri

Il est crucial de distinguer les différents types de troubles. Certains patients se plaignent de ne pas dormir du tout, alors que l’enregistrement polygraphique montre des cycles bien réels : c’est ce qu’on appelle l’insomnie paradoxale ou “fausse insomnie”. Le cerveau est tellement actif pendant son sommeil qu’il a l’impression d’être resté conscient. À l’inverse, les parasomnies (somnambulisme, terreurs nocturnes) ou le syndrome des jambes sans repos relèvent d’autres mécanismes neurologiques que l’hypnose peut grandement apaiser en travaillant sur la détente neuromusculaire.

Une limite importante doit toutefois être posée : l’apnée du sommeil. Si l’hypnose peut aider à mieux tolérer un appareil à pression positive (PPC) ou à réduire l’anxiété associée, elle ne fera pas disparaître une obstruction mécanique des voies respiratoires. C’est là que le regard de l’expert est essentiel pour orienter, si besoin, vers un centre du sommeil comme ceux du Réseau Morphée. L’hypnose est un outil puissant, mais elle s’inscrit dans un parcours de soin cohérent.

L’avant et l’après : quand l’hypnose reprogramme vos nuits

L’hypnose thérapeutique agit comme une séance d’entraînement pour votre cerveau. En séance, nous travaillons sur des visualisations spécifiques et des ancrages qui permettent de retrouver le chemin physiologique vers le sommeil. Ce n’est pas de la magie, c’est de l’apprentissage. Il y a souvent un “avant” et un “après” très net : l’instant où le patient cesse de redouter son lit pour y voir à nouveau un sanctuaire de repos.

Le bénéfice est double. D’une part, la réduction du temps d’endormissement et des réveils nocturnes. D’autre part, une sensation de clarté mentale retrouvée dès le petit-déjeuner. En apprenant à votre esprit à s’évader plutôt qu’à ruminer, vous reprenez le contrôle sur une fonction biologique qui vous semblait devenue étrangère. C’est une réconciliation avec soi-même, un retour à la physiologie naturelle.

Cas clinique : Le réveil de Marc

Il y a quelques mois, j’ai reçu Marc, un cadre lyonnais de 45 ans. Il ne dormait plus sans médicaments depuis cinq ans. Son hypervigilance était telle qu’il analysait ses propres cycles de sommeil pendant qu’il essayait de dormir. En trois séances, nous avons travaillé sur le lâcher-prise de son cortex préfrontal (le siège du contrôle) et réinstallé un signal de sécurité interne. Le changement a été spectaculaire : non seulement il a pu sevrer ses somnifères avec l’accord de son médecin, mais il a surtout retrouvé cette sensation oubliée de “poids” dans les paupières qui annonce une nuit paisible.


Si vous ressentez que vos nuits pèsent sur vos journées et que vous souhaitez explorer une approche alliant la rigueur des neurosciences à la douceur de l’hypnose, mon cabinet vous accueille au cœur du 7ème arrondissement de Lyon. Situé à proximité immédiate du quartier de la Guillotière et de Jean Macé, cet espace est dédié à la restauration de votre équilibre profond. Que vous souffriez d’insomnies chroniques ou de fatigue persistante, nous pouvons travailler ensemble pour identifier vos blocages neurologiques et réinstaller des automatismes de récupération durables. N’hésitez pas à me contacter pour un premier échange ou pour prendre rendez-vous à Lyon 7.