Hypnose et état de Flow : quand l’inconscient prend le contrôle ?

Qu’est-ce que l’état de flow ?

Depuis les années 2010 et la hype mondiale de la pleine conscience (voir association mindfulness),  le « flow« , le « flux » ou encore la « zone« , sont devenus un Graal pour de nombreuses personnes. Les sportifs, les artistes, ceux qui révisent pendant des heures une matière passionnante, … Cet état d' »expérience optimale » ou vous êtes plongé complètement dans une activité. Un état presque hallucinatoire.

Votre corps (votre inconscient) commence à effectuer seul l’action. Vous êtes complètement dedans ! Le temps semble s’arrêter, vous avez tout le temps du monde ! Ou au contraire, les heures s’écoulent, sans que vous ne vous rendiez compte que 3h du mat, c’est une heure plutôt avancée pour aller se coucher. Et que le réveil à 6h va vous sembler d’une brutalité sans nom.

«Soudain, j’ai réalisé que je ne conduisais plus la voiture consciemment. Je conduisais mais c’était par instinct, j’étais dans une autre dimension.»
-Ayrton Senna- (Grand Prix de Monaco, 1988)

Mais d’où ça sort ce flow ?

On aurait envie de dire que ce concept new age date de notre siècle, ou du siècle dernier… mais non. La première trace de l’utilisation de cet état apparait… en cunéiforme, sur des tablettes datant des mésopotamiens (il y quelques 6000 ans). Puis c’est l’Egypte antique, qui sous Ramses II, nous a laissé des papyrus traitant de la préparation mentale des guerriers, grâce aux états modifiés de conscience.

Bien plus tard (genre vraiment plus tard !), un psychologue Hongrois du nom de Mihály Csíkszentmihályi s’intéresse aux « passionnés ». Les jusqu’au boutistes en tous genres. Ceux qui oublient de manger ou de dormir, et qui oublient même qu’ils ont une furieuse envie d’uriner depuis au moins une heure. Les artistes, les penseurs, les sportifs, les danseurs, et tous les autres.

Cet état de félicité le passionne. Si bien qu’on pourrait dire qu’il a probablement expérimenté de nombreuses fois cet état… en étudiant cet état. (Énorme non ? Flowception.)

On est alors en 1975 ! Et notre cher Mr Cíks… Sísk… Notre cher psychologue polonais, passe les trente prochaines années de sa vie à étudier ce phénomène.

Le flow et la vague « pleine conscience »

En 2010, la « mode » de la pleine conscience vient aider à re populariser le flow. Cet état d’extase, qui semblait tout droit issu de la mouvance hippie ou des symptômes de la consommation de LSD, venait répondre à un nouveau besoin grandissant à cette époque-là.

Oui. Le culte de la productivité !

Évidemment. Comme cet état permet une libération totale des capacités d’apprentissage et une maitrise totale de toutes vos capacités, les applications sont immenses. Et de nombreuses personnes ont alors cherché à en faire un business.

Mon témoignage sur l’état de flow !

Je vais vous livrer un souvenir que j’ai. Celui d’une de mes expériences de flow les plus marquantes. J’ai la chance, pendant mon adolescence, d’avoir pu pratiquer plusieurs arts martiaux merveilleux, dont un en particulier : le Karate.

Un jour, il faisait beau. Le soleil se levait à peine, et j’étais déjà sur le bord d’un lac en Suisse, avec un ami d’enfance. J’étais là pour m’entrainer. À la fraiche. Avant l’arrivée des promeneurs et des baigneurs. Mais surtout avant qu’il ne fasse trop chaud.

Je répétais un kata (enchainement de mouvements et de coups) que je connaissais bien. Soudain, alors que mon corps savait parfaitement les mouvements suivants, mon cerveau a comme… décroché. Tout en mouvement, je pensais à d’autres événements de la journée, à tout autre chose. C’est comme si pour mon corps tout devenait plus précis, et que mon esprit se permettait du coup un certain état… de flou.

Par moments, je m’observais, comme spectateur de moi-même, exécuter les mouvements de façon extrêmement précise et rapide… Mais de façon tellement simple et évidente à la fois. C’était comme s’ils se réalisaient tout seuls. Je ne suis pas en train de dire que j’étais dans un contrôle total, mais exactement l’inverse. Un lâcher prise total du conscient… Car mon inconscient semblait prendre totalement le contrôle.

Progressivement, ce sentiment de dépersonnalisation particulier s’est arrêté de lui même à la fin de l’enchaînement. Depuis, je sais que cet état, très agréable, permet à la fois une maitrise totale de ce que l’on est en train de faire, mais aussi une progression extrêmement rapide dans un domaine précis qui nous passionne.

L’hypnose : un outil pour atteindre le flow ?

Une dizaine d’années plus tard, formé à l’hypnose, je me suis plongé dans de nombreuses lectures, observations d’athlètes et expérimentations sur moi-même. Je me suis rendu compte que cet état modifié de conscience était comparable à certains états d’hypnose en « hyper-association ». Et qu’il était par conséquence possible de travailler avec les outils de l’hypnose pour s’entrainer à développer un état de flow !

L’hypnose représente en effet à la fois un état, l' »état d’hypnose », mais aussi un ensemble de techniques permettant d’explorer des états modifiés de conscience. Plus ou moins dissociés, plus ou moins vigilants. Les branches ou utilisations de l’hypnose au fond, ne sont qu’une manière d’exploiter les caractéristiques de chacun de ces états particuliers.

Quel outil formidable me direz-vous ! Et vous auriez totalement raison ! Mais comment atteindre cet état sur commande ?

La suite dans cet article.

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